Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

17. mai 2012

Mot de passe oublié

smilelikeme

Alors que je passais devant un magasin près de Châtelet l’autre jour, un t-shirt exposé en vitrine m’a fait sourire, tout en m’agaçant un peu : « I love rien, I’m Parisien », sur le modèle des « I love NY ».

Mais mais mais me suis-je exclamée, faux, calomnie, diffamation! Je love plein de trucs attendez - car vous l’aurez compris, i’m parisienne, bon - typiquement: je love beaucoup la musique, et (donc ?) je love beaucoup les concerts. Du coup j’ai eu envie de rendre un petit hommage à mes salles de concert parisiennes – « mes » parce qu’elles me sont si familières, si chères – et à tous les moments exceptionnels de live qu’elles m’ont fait vivre.

Tous les soirs si je m’écoutais, je serais face à un ampli, un micro, une platine – Paris est tellement riche de plans musicaux de qualité que c’en est parfois frustrant (cf. variable argent). Premier dilemme donc : par où commencer, les plus grandes, les plus petites, les plus cachées ? Honneur à mes plus récentes visites, celles que j’aime appeler les 3 sœurs de Gambetta. Parce qu’en partant de cette station du 20ème, on arrive sur votre gauche aux fausses jumelles de la rue Boyer, La Maroquinerie et la Bellevilloise. Petite salle en sous-sol un peu en forme d’arène, la Maroquinerie possède cette grâce intime, celle d’Emily Haines interprétant un ‘Doctor Blind’ hors du temps. C’est encore là que s’est produit, pas plus tard que lundi, un groupe de pèlerins du grand ouest américain ; Moriarty, grande classe et chanteuse à la voix vintage, j’ai voulu les revoir dès la fin du concert. A côté, la Bellevilloise c’est ton oncle qui est parti ouvrir un resto au Sénégal/à Madagascar/à Koh Tao, qui revient avec tous les rythmes de là-bas dans ses valises et qui invite ses potes. S’y tiennent Nuits Zébrées Nova et Bande Passante RFI. Les deux sœurs sont munies de bars-restos sympathiques, l’un pourvu d’une agréable terrasse, l’autre en patio intérieur au milieu des oliviers où il fait bon boire un rosé.

A ma droite depuis Gambetta, mon Vélib’ m’emmène en descente jusqu’à la Flèche d’Or, où le cadre en bois doré entourant la petite scène ne saurait signifier l’immobilité des performers, bien au contraire. Electrique, rock n’ roll et… gratuit, des soirées clubbing muy caliente et un baby-foot dehors si jamais la petite anglaise qui chante là-tout-de-suite t’irrite les tympans. Dommage que les bruits du resto surplombant les rails désaffectés gâchent un tantinet les shows plus low-key tel un Peter Von Poehl.

Un peu moins à l’est, les environs d’Oberkampf abritent entre autres deux salles qui n’ont rien à voir. Le Bataclan sent la bière tiède un peu éventée (plus que d’hab quoi disons), ambiance chaude et moite, carrément bouillante quand une salle pleine attend 3h que Pete Doherty se pointe avec ses Babyshambles, ou éléctrique devant un James Murphy quasi-statique mais fiévreux (LCD Soundsystem). Non loin de là, une salle/club mutante jouxte un vieux café. Le plafond du Nouveau Casino semble sorti d’une rêverie de Jules Verne, et sied parfaitement alors aux danseurs-guerriers en tutu qu’y amène Spleen.

Translation à gauche, les bords du canal de l’Ourcq, un ancien hangar Point P. Le giant tagué par Missill et son acolyte vous accueille les yeux grands ouverts, vous entrez dans un bunker sombre aux piliers de béton contrastant avec l’ambiance joyeusement colorée du bar, caution Berlin-sur-Seine (scène ?). Tahiti 80 y aura bien sué sous ses bonnets de panda géant.

Pérégrinations du côté des Grands Boulevards, l’intérieur du Grand Rex est kitschissime voire carrément moche (ah si), le poulailler là-haut te donne le vertige mais l’ensemble donne à l’endroit un côté versatile indéniable : le décor devient étrange et fantastique pour mieux s’accorder au monde merveilleux de Cocorosie, les statues antiques font du air-guitar pour accompagner le retour flamboyant des Smashing…

Plus haut, plus bas ? Les hauts plafonds de l’Elysée aux pieds de Montmartre semblent presque trop bas face aux rebonds de la CSSienne Lovefoxx. Peut-être est-ce ici le sol que j’ai le plus foulé, le bar où je me suis le plus accoudé, au fond pour Blonde Redhead, devant mode revival-lycée pour Patrice, dansant une polka piquée face à un Tom McRae un peu endormi. Tout, le mieux, Ellen Allien, le n’importe quoi, même des soirées étudiantes, sisi.

Comme ça en passant, les sous-sols du Triptyque et un concert aussi surprise qu’agité des Dirty Pretty Things. La jungle qui te prend par les pieds au Cabaret Sauvage et où s’invite l’électro-funk nerd des Hot Chip ou le tzigano-n’importe-quoi de Caravan Palace, tellement réjouissant. Apothéose enfin dans un Bercy qui saute en rythme en levant les bras, comme hypnotisé par deux robots dans leur pyramide, après tout. Le sol mouvant de L’Olympia sur lequel il est tellement agréable de s’allonger les yeux fermés, tout au fond, pour mieux entendre la voix d’Antony et les violons de ses Johnsons…

Non décidément, celles-là, les autres, c’est addictif, indispensable. Surtout quand dans la salle se dégage un accord implicite entre tous que ça, c’est bon, ça c’est vraiment très bon.

Puis quand même, des moments collector : Arielle Dombasle, assise dans le public pendant un concert de Cocorosie, qui chantonne les chansons des sœurs Casady pendant la moitié du show. Merci Arielle, tu m’auras bien cassé les oreilles à défaut d’autre chose. Bon y a rien à faire, ce t-shirt reflète peut-être une toute petite once de vérité finalement…

 

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Derniers commentaires

 

je ne suis jamais allée à un concert. Bon ça s’explique parce que je n’écoute pas de musique. mais n’empêche j’ai très envie d’aller à un concert, je suis sûre que c’est géniale! Enfin un concert intimiste parce que le stade de France, non merci!


Sinon j’adore l’idée du Tee-shirt “I love rien, I’m parisien”… c’est juste excellent!


 

connaissant toutes les salles dont tu parles (très bien d’ailleurs), je plussoie ! merci pour cet article (on a dû se croiser à pas mal de concerts)


 

Bien cool: tu as fait mon guide idéal de Paris, je vais garder toutes ces bonnes adresses :-)


Tout comme toi, les concerts sont une vraie addiction et quand j’y vais pas, j’ai toujours des regrets d’avoir peut-être loupé ZE concert. Donc, du coup, j’y vais beaucoup.


C’est vrai que dans une grande ville, a priori Paris, y’a de quoi faire et cela doit être dur de choisir certains soirs (ou de renoncer…).


Dans ma ville, Lausanne, tout là-bas en Suisse, l’offre est de nouveau correcte depuis environ 2 ans. Comme c’est quand même bien plus petit que Paris, cela implique de se déplacer parfois dans une ville voisine ou d’aller passer quelques jours dans une grande capitale (merci les compagnies aériennes low-cost, dommage pour le réchauffement planétaire mais très bien pour assouvir mes envies de son..). C’est chouette d’avoir tous les concerts qu’on veux sous la main mais c’est sympa aussi de devoir bouger, découvrir d’autres salles avec un public un peu différent. Et quand on aime…


 

:-)) merci, merci! moi qui redécouvre Paris, je suis bien heureuse d’avoir tes conseils!!… surtout que je suis aussi une music-freak! allez, bon dimanche, en musique!! (en ce moment, c’est le dernier Radiohead…)


http://www.inrainbows.com/


 

je suis aussi fan de concert et merci pour toutes ses adresses. J’irai sans conteste m’y perdre.


Quant au t-shirt marqué du “i love rien…”, vous pouvez retouver celui-ci en sticker sur ce site: http://www.paristic.fr. Ces 2 messieurs vous offre Paris dans votre salon.


 

Jennyale> non effectivement, laissons le stade de france à johnny “optic 2000″ et chabaaal! je trouve ça fou d’ailleurs qu’ils y montent parfois des opéras comme aïda…

SSkizo> indeed? see you soon then :) (bat for lashes? gossip?…)

globulita> tout-à-fait d’accord, c’est assez marrant d’ailleurs de voir lers différences de public, de barcelone à brick lane. changer de pays pour une date de concert précise par contre je ne l’ai jamais fait, mais ça pourrait arriver!

mekameta> idem. tiens au fait, quelqu’un(e) saurait il/elle combien en moyenne les gens donnent pour cet album? ça m’intérèsserait de voir si la démarche de radiohead ‘responsabilise’ les gens sur la valeur de la musique…

jona> c’est bien ça!


 

Paraît-il, si ma souce est juste, 8 francs suisses, donc environ 5 euros en moyenne, ceci avec 1, 2 million de téléchargements. Je pense qu’ils vont rentrer dans leurs frais (sans compter que le fan moyen de Radiohead est un vrai freak donc j’imagine pas le nombre qui a déjà commandé la discbox à 40 £)…


Perso, c’était la 1ère fois que je payais pour télécharger des mp3 et oui, je l’avoue, j’en ai bcp sur mon ordi. Pour ma part, je n’ai pas trop mauvaise conscience car, par ce biais, je découvre plein de nouveaux groupes. Mais je paie mes billets de concerts, je consomme au bar et si j’ai vraiment aimé, je me rue au stand merchandising donc, quelque part, je donne plein de sous aux artistes que j’aime.


Et faire 1000 km pour voir Beirut, moi, j’adôôôôre!


 

Très joli hommage aux salles parisiennes. on sent la passionnée!

Moi aussi je suis folle de ces endroits…

Ecouter des supers groupes à moindre prix, dans des ambiances à peu près toujours authentiques, c’est tellement mieux que de s’ennuyer dans des bars branchés aux néons fluos, les oreilles ravagées par une house rébarbative, en buvant des cocktails à dix euros………


 

hello!

bravo pr cete excellent article.. je vais helas pas assez souvent voir de concert (pas le temps, pas l’energie, pas de thunes)

mais j’adore cette ambiance

tu dois connaitre mais il ya un podcast video qui s’appelle les concerts a emporter`

ya quelques moments rares…


 

Je ne suis pas parisienne mais au vu des commentaires, ton article en a intéressé plus d’une !


Moi aussi je vais beaucoup aux concerts. Bon j’écoute du metal, donc y a moins de choix, mais je n’hésite pas à me déplacer (par ex. ce week-end j’ai fait strasbourg la Belgique pour assister à un festival).


 

globulita> merci pour la réponse sur radiohead! moi aussi je télécharge moultement (gnnnn j’irais en enfer aussi) mais du coup je trouvais original de se poser la question, pour une fois: “quel prix je suis prête à donner au travail d’un artiste?”, puisqu’au final c’est un peu ça…

satincerise> ahhh oui, ambiance “compile du bouddha bar vol. 8″ héhé

N.C> je suis adepte, de grands moments effectivement ;-)


 

Il fut un temps où on aurait pu se croiser dans ces endroits… Mais les enfants, la migration dans le quartier chinois de la rive gauche (alias le 13ème) font que c’est moins fréquemment que je vais dans ces salles. J’aime beaucoup aussi le Satellite Café…


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