Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

17. mai 2012

Mot de passe oublié

PenseeDeRonde

Dans la sĂ©rie “Leçons de tendance”, j’ai envie de te parler d’un sujet incontournable. Le sac Ă  main. Attends, pardon, pas le sac Ă  main. ça c’est pour les filles complètement pas tendance justement. Non, quand t’es une femme de staĂŻle, t’as pas un sac t’as un “it bag”.

fendi.jpgEt ton it bag, il faut qu’il t’ait coĂ»tĂ© un bras sinon deux. Ou alors que tu l’aies dĂ©nichĂ© dans une petite boutique du 6ème arrondissement qui travaille le cuir de kangourou en toute confidentialitĂ© et qui pour l’instant comme elle est pas connue vend encore des it bags Ă  moins de 3000 euros. Ben oui je te rappelle que le cuir c’est bien plus cher que le pĂ©trole de nos jours.

Donc bref, le it bag, c’est plus qu’un accessoire, c’est le prolongement de toi-mĂŞme. Alors si t’en es restĂ©e au bon vieux sac achetĂ© chez un vulgaire maroquinier genre qui te plaĂ®t Ă  mort parce qu’il est pratique, tu vas direct jeter le prolongement de toi-mĂŞme dans la Seine. Parce qu’un sac tendance - traduction approximative du it bag - ça peut avoir un certain nombre de qualitĂ©s mais ça ne doit SURTOUT pas ĂŞtre pratique.

Exemple ? Le top de la hipness du moment, c’est la pochette. Mais attention hein. Pas forcĂ©ment la petite. Non non, t’as le droit d’en avoir une bien grande pour y mettre tout ton bordel. Ce qui n’est pas une si bonne nouvelle. Parce que tenir d’une seule mimine une pochette qui contient ce que tu mettais avant dans un sac de 50 mètres cube c’est pire qu’une Ă©preuve de Koh-Lanta. Bon, tu fais ce que tu veux en mĂŞme temps.

Moi perso, je ne cède pas au diktat de la pochette parce que je veux bien un sac pas pratique du genre que l’anse il lui manque un centimètre pour rester calĂ©e sur ton Ă©paule et que du coup elle glisse toutes les douze secondes, mais la pochette quand t’as deux enfants, c’est juste pas possible vu que t’as que deux mains. Et que tu peux crever pour que l’un de tes deux mouflets renonce au challenge consistant Ă  ĂŞtre celui qui aura justement la main qui te reste dans la sienne. En plus, je ne sais pas toi mais moi dĂ©jĂ  Ă  la base je suis du genre Ă  oublier mon sac. D’oĂą quand mĂŞme l’intĂ©rĂŞt d’une poignĂ©e voire d’une bandoulière que tu peux enrouler Ă  ton poignet et qui se rappelle Ă  toi quand tu te lèves parce que tu es arrivĂ©e Ă  ta station.

Il n’empĂŞche que si t’as pas de pochette en ce moment c’est un peu comme si tu ignorais que la low boot Ă©tait devenue aussi basique que le beurre dans ton frigo.

Bon, je te rassure, il y a des alternatives. La première c’est donc le it bag siglĂ© d’un couturier qui peut facile te coĂ»ter une mensualitĂ© de cet appartement que tu ne t’achèteras jamais, tu vois ? En gĂ©nĂ©ral, il porte un nom qui est souvent un chiffre et je sais que ça a l’air dingue mais quand t’en as un c’est comme si d’un coup tu Ă©tais devenue genre franc-maçon. Les gens te respectent, quoi parce que tu fais partie des filles qui en ont. Je rigole pas, il y a deux ans l’homme m’a offert un it bag, le Lune de Vanessa Bruno. Tu me crois ou pas, les premiers temps on m’arrĂŞtait dans la rue ou les magasins pour me fĂ©liciter. Un peu comme pour un nouveau-nĂ©. Bon après, ça s’est arrĂŞtĂ© parce que mon Lune il s’est usĂ© et qu’avec la grosse tache de stylo qui avait coulĂ©, il n’Ă©tait plus trop staĂŻle.

L’autre alternative, ben… en fait y’en a pas.

Si, en somme, c’est de dĂ©cider que tu t’en bats la moule d’avoir un it bag Ă  200 000 euros surtout que de toute façon, ton sac, ça finit toujours par ĂŞtre Pearl Harbor Ă  l’intĂ©rieur. A croire qu’il y a un farfadet qui s’y planque et qui en ton absence prend un malin plaisir Ă  te jouer des tours trop drĂ´les du genre Ă  sortir ton Tampax de son emballage puis Ă  en nouer la ficelle avec le fil du casque de ton lecteur MP3. Ou Ă  planquer ta carte orange dans une cachette secrète que lui seul connaĂ®t et ça toujours au moment oĂą les hommes en vert dĂ©barquent Ă  douze dans le mĂ©tro. Ne parlons pas des clĂ©s que tu ranges toujours consciencieusement dans la mĂŞme petite poche pour pouvoir les trouver super facilement le soir quand tu rentres, les bras chargĂ©s de sacs de chez Picard qui te brĂ»lent les doigts parce que putain les surgelĂ©s c’est froid. ClĂ©s qui ne sont JAMAIS dans la petite poche en question au moment oĂą tu veux les rĂ©cupĂ©rer. Et, preuve de la prĂ©sence d’un esprit malĂ©fique, s’avèrent ĂŞtre dans la poche de ton impermĂ©able alors que tu es SĂ›RE que jamais tu ne les y avais mises. Bien sĂ»r je ne m’Ă©tends pas sur le fait qu’avant de constater qu’elles Ă©taient dans ta poche, tu as auparavant fini par poser par terre tes surgelĂ©s et mĂ©thodiquement vidĂ© l’intĂ©gralitĂ© de ton sac sur le trottoir pour dĂ©nicher ces garces de clĂ©s.

Inutile Ă©galement d’Ă©voquer les innombrables trĂ©sors que tes adorables marmots se font une joie de te donner lors des balades au square et qui finissent de donner Ă  ton sac sa spĂ©cificitĂ©: marrons, pierres extraordinaires, bouchons de bouteille, minuscules billes jaunes dont tu ne sais d’oĂą elles proviennent mais que tu hais parce qu’elles disparaissent et que ton fils se roule par terre de rage quand tu lui avoues qu’elles se sont volatilisĂ©es, chewing-gums machĂ©s que chouchou - alias Nicolas Hulot junior - refuse que tu jettes parce qu’il a lu que ça POLLUAIT les trottoirs, Kleenex totalement usagĂ©s des DEUX cĂ´tĂ©s et qui finissent par se coller Ă  ton agenda ou, cerise sur le sac Ă  main, sucettes tant bien que mal remises dans leur emballage et qui copinent instantanĂ©ment avec le tampax dĂ©calottĂ©.

Bref, pour accueillir tout ce petit monde parallèle, crois-moi, point n’est besoin d’aller donner l’intĂ©gralitĂ© de ton codevi Ă  un magnat du luxe.

En plus, parfois, il se produit des petits miracles et tu deviens sans mĂŞme l’avoir cherchĂ©, une fashionista. Je t’explique. Avant de partir en vacances cet Ă©tĂ©, je me suis dit que pour le voyage, il serait judicieux d’acheter un genre de besace pleine de poches histoire pour une fois d’ĂŞtre bien organisĂ©e, avec les passeports des enfants d’un cĂ´tĂ©, les lingettes post-vomi de l’autre, les billets d’avion facilement localisables, de mĂŞme que ceux du ferry, etc etc etc. Je suis donc allĂ©e Ă  Monoprix et je me suis rĂ©signĂ©e Ă  acheter un sac affreux en nylon rembourrĂ© qu’on aurait dit que c’est un anorak, m’a dit ma fille chĂ©rie. Plein de poches qui se sont avĂ©rĂ©es du reste absolument inutiles, sauf pour ce salaud de farfadet qui s’en est donnĂ© Ă  coeur joie croyez-moi. Bref, Ă  29 euros en mĂŞme temps, je ne pouvais pas espĂ©rer ressembler Ă  une fille tendance.

Sauf que.

Sauf que le Elle de la semaine dernière l’Ă©crit noir sur blanc. La seule alternative Ă  la pochette cette annĂ©e c’est le sac doudoune.

Putain.

J’ai un it bag les filles.

 

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Derniers commentaires

 

moi je dis, tu es before the tendance… assume avec zen-itude !


 

Tu me rassures je pensais qu’il n’y avait que ma fille pour dĂ©nicher des petites billes jaunes…


 

“c’est un peu comme si tu ignorais que la low boot Ă©tait devenu aussi basique que le beurre de ton frigo.” Je suis ECROULEE de rire Caro !


 

Roh, j’aime bien te faire rire AnneSo ! Et Plum, non, rassures-toi, TOUS les gamins sont dingues de ces billes !!!


 

Isadel, t’as raison, c’est tout moi ça. Before the tendance… :-)


 

Pour complĂ©ter Pear Harbour, tu peux ajouter le tĂ©lĂ©phone portable qui sonne quand tu es dans la rue et que tu ne parviens jamais Ă  retrouver avant que la messagerie ne se mette route. Depuis la rentrĂ©e, je me suis mĂŞme transformĂ©e en sherpa Ă  doudou car ma fille aĂ®nĂ©e veut absolument retrouver sa peluche quand je la rĂ©cupère le soir - sinon elle se roule par terre en hurlant. Du coup, je trouve La Redoute Ă©minemment plus qualifiĂ©e que La Prada…


 

Bon, alors moi j’ai un scoop: les petites billes jaunes, ben c’est des billes de..pistolet Ă  billes! Eh oui.

Et j’aime beaucoup, mais alors beaucoup ce que tu fais, mais en revanche, arrĂŞte donc de fouiller dans MON sac, PensĂ©eDeRonde, c’est agaçant Ă  la fin. (Si tu crois que j’ai pas reconnu la description de l’intĂ©rieur de mon sac Ă  moi, tu te mets le doigt dans l’Ĺ“il)


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