Humeurs

Bordel en feu ! Je vis à Paname ?

Cet article a été sélectionné par la rédaction dans le cadre de la Journée Spéciale “Ça déménage !” du jeudi 9 février 2017

 Pour la gentille petite provinciale toute innocente que je fus, déménager en banlieue parisienne il y a deux ans était déjà une grande expérience. Quitter l’appart de ma mère, emporter deux trois trucs, et s’installer en coloc à 20 min de Paname. Soit, c’est banal. Nan, le plus grand étonnement, c’est en fait mon second déménagement.

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Par exemple, je ne savais pas qu’il était possible d’accumuler tant de conneries en deux ans, il me faut encore trier et re-trier ce que j’avais emballé après tri dans mes cartons. Notamment au niveau vestimentaire…

Comprenez-moi, dans le rural, les magasins courent rarement dans les champs ! Et puis j’imaginais pas que chercher un appart en coloc, c’était tellement la lutte aussi. J’aurais jamais pensé faire preuve d’autant de bassesse vis-à-vis de mes rivaux pour obtenir un logement : « Ah l’appartement ? Ben il est pris… Je suis la fille du proprio, j’ai changé d’avis ». J’espère qu’aucune lectrice ne reconnaîtra ces paroles sinon je risque de me faire lapider sur le champ. Bref, on balade les affaires et excédents dans le nouveau grand cagibi et l’enfer s’apaise d’un coup.

Je suis sur le sol parisien, une autre planète un peu avec pas mal de défauts. Moi je l’aime bien.

Le RER ne fait plus partie de mon vocabulaire, désormais je cause bus et vélo. Dans ma rue y a des commerces, et je peux aller au cinéma à pied. Là, dans 5 minutes, je vais aller me chercher des sushis et les payer en tickets resto. Et y a une bibliothèque à deux pas, et une médiathèque à trois ! L’arrêt de bus est en bas de mon immeuble et ma fac n’est pas loin…

Bon, certes, déménager c’est son lot de soucis, j’ai planté des étagères aux murs, une est de travers ; j’attends la virée à Ikea avec impatience car je n’ai pas de lit ; je vis, respire, rêve, et mange cartonné ; on n’a pas encore de frigo et encore moins de plaques électriques…

Du camping à l’état pur. Ça tombe bien, je suis une roots… Enfin une roots citadine hein ? Me parlez surtout pas randonnée… C’est là que je voulais en venir.

J’entends tellement d’ami-e-s se plaignant de Paris, de son bruit, de sa frivolité, du manque de calme, des immeubles insonorisés et tout ça.

C’est un discours que je trouve toujours étrange dans la bouche des gamins de 20 ans que nous sommes. Pour ma part, j’ai réalisé progressivement ma chance d’avoir bougé sur Paris, même si je sais que je n’y resterai pas éternellement… Je sais que j’aime la ville, qu’elle m’est nécessaire même, et que depuis plus d’une semaine, lorsque je sors de chez moi, j’ai l’impression d’être devant tout un tas de nouvelles opportunités qui gigotent à mes pieds. Ne serait-ce que pour trouver un job étudiant… je vous assure : ça change tout.

Alors pourquoi les autres, ceux que j’adore, ceux qui squattent chez moi détestent déjà Paris ? Une réponse autre que celle qu’on m’a déjà fournie ? Moi, je crois à un mouvement de mode : « Paris c’est cher, Paris ça pue, Paris c’est pas calme, Hou c’est beau la province… ». L’entendre dans la bouche de provinciaux crachant sur leur rural natal, je trouve ça mignon. N’importe quelle ville est un petit monstre… qu’il s’agit d’apprivoiser.

(cc) Steffi Njoh Monny

9 Responses to “Bordel en feu ! Je vis à Paname ?”

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